Les préparatifs de fin d’année à Madagascar
Le témoignage de Joseph, bénévole PLM à Tana
Les marchés et les esplanades sont pleins d’articles pour les fêtes : guirlandes et autres décorations, jouets pour les enfants, habits… Dans les magasins, on propose des promotions même si les clients ont tendance à se méfier car l’on ne sait jamais dans quelle mesure les prix proposés sont vraiment intéressants !
A Noël, et plusieurs jours après, les temples et les églises sont très fréquentés par les fidèles. On y organise des fêtes où l’on distribue notamment des friandises pour les enfants.
En famille, on en profite pour se retrouver. La tradition, c’est que les enfants rendent visite aux parents à Noël ou au Jour de l’an. Pendant une semaine, on mange beaucoup. On ne veut pas léser les enfants, alors on achète beaucoup de cadeaux. Résultat : on ne fait pas beaucoup d’économies et on peut dépenser en quelques jours le salaire de tout un mois ! Après, comme l’on dit à Madagascar, on se gratte la tête. Sous-entendu : pour savoir comment l’on va payer…
Le Jour de l’an, c’est un peu la suite de Noël. Il n’y a pas de manifestations spéciales. A Tana, par exemple, dans les rues, il y a quand même une ambiance festive, avec des musiciens qui jouent, par exemple de la clarinette.
Cette année, avec les évènements politiques, on va peut-être faire un peu plus la fête que d’habitude. Mais c’est tout. La politique est davantage présente lors de la fête nationale, le 26 juin. Pour l’instant, tout le monde est enthousiaste. Mais pour combien de temps ? La joie pourrait être éphémère et le citoyen lambda déçu. Parce que les racines profondes de la crise sont toujours là.
Le témoignage de Lalaïna, assistante sociale de PLM à Tana
A la maison, nous décorons un sapin, qui n’est pas un vrai, évidemment. De notre côté, mon mari et moi, nous recherchons des jouets pour nos trois garçons en faisant attention aux prix car ils sont chers.
Nous préparons aussi des déguisements pour nos deux aînés qui sont inscrits chez les scouts. Ceux-ci organisent un arbre de Noël pour lequel les enfants doivent se déguiser. Le thème, cette année, c’est Hercule.
La fête de Noël, nous la célébrons en famille chez mes beaux-parents. Pour le déjeuner, nous nous cotisons tous, 30.000 ariaris (5,76 euros) par famille, pour acheter une dinde. Au total, nous serons une vingtaine. Le 25 décembre, nous allons à la messe à 6 h du matin. Mais il faut partir dès 5 h si nous voulons avoir de la place tellement il y a de monde !
Pour le Jour de l’an, nous irons chez mes parents à la campagne. Là, nous serons 100 à 120 personnes ! Chaque famille apporte son repas, on mange, on danse. On fait la fête toute la nuit.
Cette année, j’ai l’impression qu’il y a moins de joie, notamment chez les personnes en difficulté. Les gens sont un peu inquiets après les évènements de septembre et octobre, notamment ceux qui se retrouvent au chômage technique. Alors que circulent des rumeurs comme quoi l’Etat ne pourrait bientôt plus payer les salaires des fonctionnaires…


