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À Madagascar, la Génération Z se mobilise pour le pays

A Madagascar, la Génération Z se mobilise pour le pays

Génération Z ? On appelle ainsi les personnes nées grosso modo entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. Une génération née dans les zones urbaines, ultra-connectée et multiculturelle, désireuse de changer le monde en dénonçant la corruption, les inégalités et l’autoritarisme. Ses manifestations ont fait vaciller les pouvoirs au Népal, aux Philippines, en Indonésie, au Maroc, au Pérou. Et à Madagascar, comme on l’a vu en septembre 2025. Témoignage des étudiants, des familles parrainées par PLM et des correspondants de notre association.

Un Etat et une administration figés, des services publics à l’arrêt, un président impopulaire, voire détesté…  En septembre dernier, les jeunes Malgaches se sont révoltés contre cette situation en brandissant des revendications précises, à commencer par l’arrêt des coupures d’eau et d’électricité, et l’attribution de logements pour les étudiants. Ils ont commencé à manifester à Antananarivo avant que le mouvement se propage dans les autres grandes agglomérations du pays. Le ras-le-bol s’est emparé du bitume des villes. Des vidéos documentant des exactions policières ont été relayées par les réseaux sociaux. A la mi-octobre, pris de court, le président et son entourage ont dû discrètement quitter le pays. Un gouvernement de transition a alors été mis en place.

Comment les familles et les correspondantes de PLM ont-elles vécu cette période ?

A Tana comme à Diego, tous ont suivi la situation avec inquiétude en ayant même franchement peur. « On n’osait pas sortir, on avait peur d’une balle perdue des forces de l’ordre », raconte une correspondante de PLM. « Je suis resté prudent en évitant les zones à risque », explique une maman. « On ne pensait pas que ça allait réussir car depuis des années dès qu’on bougeait, on allait en prison. On est soulagé, libéré de l’ancien président, Générations Z a tué le crocodile. »

L’université a cessé de fonctionner pendant un mois même si, dès que cela a été possible, des cours de rattrapage ont été organisés les mercredi et samedi. A Diego, les étudiants ont défilé pour récupérer des logements auxquels ils avaient droit et qui étaient occupés par des professeurs, des chercheurs ou des vacataires. Par la suite, un important incendie a obligé les jeunes à rentrer dans leur famille en attendant la réfection de leurs bâtiments. Toute la vie universitaire a donc été perturbé.

Aujourd’hui,

Il y a toujours des coupures d’eau : parfois 6 jours sur 7. L’électricité est parfois interrompue pendant 24 ou 48h. Tout ce contexte génère un climat d’incertitude, les prix continuent de monter, le stress et les difficultés financières s’accumulent. Les étudiants ont des difficultés à faire des projets pour leurs études, pour leurs stages et même sur le plan personnel.

La délinquance, les cambriolages ont augmenté. Il y a eu des pillages de magasins quand les écoles étaient fermées, la maison d’une maman à Diego a été complètement dévalisée. Le souci des familles est de veiller sur les enfants pour qu’ils ne se laissent pas influencer par les délinquants de leur quartier.

La confiance envers les institutions qui doivent veiller sur la sécurité des personnes est ébranlée car la gendarmerie a commis des violences très graves avec la perte de vies humaines.

Et demain ?

« On espère une nouvelle vie avec les nouveaux dirigeants », explique l’un des étudiants parrainés par PLM. La longue liste des besoins urgents, des frustrations accumulées depuis des années s’exprime de toutes parts. Les langues se délient dans l’attente de mesures concrètes. Des mesures qui représentent un espoir pour toutes les couches de la population.

Les étudiants et les jeunes expriment leur espoir immense de trouver un travail et de pouvoir mener une vie digne à Madagascar. Les premiers demandent la mise en place rapide de meilleures conditions pour étudier, avec des bourses revalorisées, des logements dédiés, une couverture santé… « On a l’espoir que ça va changer, qu’il y aura moins de corruption par exemple pour s’inscrire au concours du barreau, pour être fonctionnaire. »

Souvent, ces jeunes de la génération Z nous disent qu’avant, leur seul espoir d’une vie meilleure était d’aller travailler à l’étranger, rêve pourtant inaccessible à l’immense majorité d’entre eux. Aujourd’hui, les changements qu’ils demandent leur donnent l’espoir de projeter un avenir meilleur sur place, à Madagascar.

Des premières mesures ont été décidées (augmentation des fonctionnaires en janvier…). Mais le pays aura-t-il les moyens de satisfaire des revendications si nombreuses ?

Pour finir, citons cet étudiant qui voit un champ d’action à investir pour les gouvernants malgaches et aussi pour lui, jeune citoyen de la Grande Ile : « Je proposerais d’améliorer la communication entre les jeunes et les autorités, de renforcer l’accès à la formation en ligne et de créer des groupes de soutien et de motivation entre les étudiants ». Un véritable programme d’apaisement et de dialogue à mettre en œuvre !

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