Nicole Prat et Michèle Tabaka, responsables d’antennes familles à Tana
A Tana, nous sommes restés une dizaine de jours. C’était un peu trop court compte tenu du nombre de familles à rencontrer. La ville est fatigante. Il fait chaud. Il y a du bruit, de la pollution.
Les mamans vivent souvent dans des quartiers éloignés. Il faut prendre le bus vers 6 h du matin pour éviter de faire une heure de queue, voire plus avant de pouvoir embarquer. Cela permet d’observer le quotidien des habitants. Depuis le Covid, on constate une augmentation considérable du trafic des mototaxis. La circulation devient encore plus dangereuse entre les bus, les voitures, les deux roues et tous ces piétons qui essaient d’avancer alors qu’on les sent déjà fatigués. Les mini-bus sont bondés, avec des personnes qui courent derrière pour essayer de monter, d’autres qui s’efforcent d’entrer avec des gros sacs bourrés. Cela donne un spectacle saisissant et permet de mieux comprendre les difficultés de la vie à Tana.
Les familles
Il est important que nous puissions rendre visite aux familles chez elles. On se rend mieux compte de leurs conditions de vie. Globalement, nous avons constaté que la situation n’était pas trop mauvaise. Mais les mamans sont assez seules pour affronter tous les problèmes quotidiens, liés aux enfants, aux maris qui veulent les déloger… Avec l’association et ses correspondantes malgaches, Lalaina et Léa, les mamans savent qu’elles peuvent en parler car il y a plutôt des relations de confiance.
Nous avons été amenés à distribuer des aides ponctuelles, notamment pour les voyages scolaires dans les entreprises, car les mamans n’ont pas forcément de quoi les payer.
De leur côté, Lalaina et Léa nous ont dit qu’elles préfèrent que les parrains évitent de faire des dons personnels à côté des aides apportées par PLM. Cela introduit des inégalités entre les familles. Il en va de même pour les étudiants. Elles demandent que les échanges passent par elles plutôt que directement des parrains aux filleul(e)s.
Au niveau alimentaire, la situation des familles semble s’être un peu améliorée depuis notre dernière visite. Actuellement elles consomment en moyenne un kapok (unité de mesure malgache équivalant à 300 ml) de riz de plus par jour, et ce en raison d’une diminution d’environ 15 % du prix de la céréale. Elles mangent aussi davantage de fruits et remplacent les œufs, devenus très chers, par des avocats.
Pendant toutes nos discussions avec les mamans, il nous faut prendre en compte la manière de penser des Malgaches, qui diffère de la nôtre. Nos façons de communiquer sont parfois différentes. Certaines réponses ne sont pas toujours interprétées de la même manière. Alors il faut prendre le temps d’échanger et de reformuler pour nous assurer que nous nous sommes bien compris.
Les enfants
Nous souhaitons, autant que possible, que les enfants soient présents pendant nos visites. Il est essentiel de les rencontrer, d’échanger avec eux et de les entendre raconter, avec leurs propres mots et sans filtre, leur situation et les difficultés auxquelles ils sont confrontés.
De notre côté, nous nous efforçons de nous adapter et de trouver les meilleures solutions pour chacun. Leurs enseignants, qui doivent gérer des classes de 50 à 70 élèves, parfois même jusqu’à 80, ne peuvent malheureusement pas leur accorder un suivi aussi personnalisé.
Nous ciblons particulièrement les enfants qui ont de grosses difficultés scolaires afin de leur fournir des informations qui les aident à s’orienter. Cette mission est suivie par Lalaina qui travaille aussi au ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Il s’agit d’amener nos élèves à la dérive vers ces filières pour éviter qu’ils ne se perdent dans l’enseignement général.
L’équipe
Et puis il y a l’équipe des missionnaires. La dynamique du groupe est une force essentielle qui permet de faire face aux difficultés sur le terrain. La confiance et la cohésion développées au fil des missions rendent l’action de chacun plus efficace. les réussites sont partagées collectivement et donnent du sens à notre engagement.


